Spintank

C’est le tweet d’un certain David Chapelle, inconnu au bataillon, qui met le feu aux poudres : « Banksy is now in Paris for a new exhibition #banksyparis (via bansky-paris.com) ». Sur le site indiqué, deux photos d’œuvres in situ et deux noms de rues.

Le hashtag créé marque le top départ d’un jeu qui s’engage, au rythme d’indices livrés au compte-goutte. Les internautes se précipitent sur les traces du street-artiste, saisissant l’occasion de placer leur nom dans la genèse d’un nouvel épisode de la saga Banksy.

Mais rapidement sur le fil #banksyparis, comme souvent sur les sujets un peu mainstream, la défiance prend le pas. Et chacun de s’improviser alors journaliste : on va voir sur place pour s’assurer de la véracité de l’info. Mais alors que les preuves de l’existence des œuvres en question se multiplient, un proche de l’artiste en dément l’authenticité dans un article qui paraît au même moment.

banksy_tweets

Alors, mascarade, coup de com ? Qui se cache derrière ce buzz qui finit par faire la une de tous les quotidiens généralistes ?

Ce monsieur Chapelle est-il le maître d’un jeu mené à la faveur de l’artiste ? Ou se paye-t-on simplement la tête d’internautes qui marchent à fond, pensant avoir quelque chose à apporter au sujet ?

Quoi qu’il en soit, le phénomène est avant tout révélateur des mécanismes d’une communication qu’on appelle encore « pull », fondée sur l’économie de la rareté. La rétention d’informations régulières maintient le suspense et l’attention d’un public qui se fait volontiers ambassadeur de la « marque » et relais de sa moindre actualité.

Cette habileté à susciter l’engagement des communautés n’est cependant pas l’apanage de Banksy et de son équipe, si du moins c’est de lui qu’il s’agit pour cette fois. D’autres artistes sont désormais passés maîtres dans l’art du storytelling : Daft Punk et Boards of Canada, pour n’en citer que quelques-uns.

On peut enfin se demander si ce brouhaha sans grande valeur informative n’occulte pas l’œuvre en elle-même. Sur Twitter, personne ne s’interroge sur ce que vaut pour lui-même cet objet hors contexte, ce dessin peu polémique, cette dédicace aux frenchies peut-être un peu trop tendre quand on connaît – ou croit connaître – Banksy.

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Crédits : Bansky