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Bitcoin, où en sommes nous ?

Posté le 13 Déc 2013 par Sylvain Abel

La monnaie virtuelle prenait alors de l’ampleur et il semblait clair que sa propagation ne s’arrêterait pas là. Mais qui aurait pu prédire une telle explosion ? Le 27 novembre, sa valeur unitaire franchissait le seuil symbolique de 1000$, et le lendemain le prix d’une once d’or. Après avoir chuté, en début de semaine à environ 600$, elle remonte aujourd’hui à un peu plus de 900$. La première monnaie crypto virtuelle « parallèle » se démocratise, au point d’être mentionnée dans les Simpsons. Mais où en est-on côté usages ?

Une législation incertaine

Le statut légal du Bitcoin reste toujours à déterminer mais les discussions commencent à aller bon train, particulièrement aux Etats-Unis où la question fait débat. Sur reddit, l’un des sénateurs américains de la commission bancaire concernée par le Bitcoin est venu demander à la communauté ce qu’il devait savoir avant sa réunion. Si pour certains comme Steven Strauss, la monnaie pourrait devenir illégale, un agent spécial du FBI (qui aura certainement son mot à dire suite à l’affaire Silk Road) a rappelé que la monnaie n’était pas illégale en soi et que des usages légitimes étaient connus. La production législative autour du Bitcoin est loin d’être terminée, et son avenir reste assez incertain entre ses possibles utilisations illégales et les pressions des groupes bancaires, apeurés par l’ampleur du phénomène.

La Chine est loin d’être étrangère à l’explosion de la valeur du Bitcoin

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La progression de la valeur, illustrée ici en gif (de 4mn), a avant tout été possible par le formidable écho médiatique apporté par la fermeture de Silk Road.

Les articles relatifs au Bitcoin se sont multipliés révélant une curiosité intense des internautes et propulsant les statistiques des recherches autour de la monnaie à des sommets jamais atteints. Le terme a même été la requête numéro un des internautes sur Google le 18 novembre dernier.

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Et c’est désormais vers la Chine que tous les regards de la communauté Bitcoin sont tournés. Si, il y a encore un an, cette nation n’en était qu’une parmi d’autres en proportion d’utilisateurs, c’est aujourd’hui une des prétendantes au titre de pays le plus « Bitcoin-friendly ». Il suffit de regarder cette carte montrant les transactions par pays en temps réel pendant quelques minutes pour constater que cette tendance ne va probablement pas s’inverser tout de suite. Et pour cause, le Bitcoin est plus reconnu là-bas qu’ailleurs d’un point de vue légal. Paul Denlinger rapportait dans un article que China Telecom, une entreprise appartenant au gouvernement accepte les paiements de facture en Bitcoin. Une information valable très peu de temps, jusqu’au 6 décembre pour être précis, date à laquelle la banque centrale chinoise a interdit aux institutions financières de l’utiliser. Baidu, le moteur de recherche numéro un en Chine a également été forcé d’arrêter d’accepter les paiements en Bitcoin. Les acheteurs chinois se servent surtout de cette alternative pour conserver et protéger leurs avoirs, mais il est également très facile là-bas de faire la transaction Bitcoin-cash. Pour preuve cette histoire d’un professeur expatrié vivant à Shanghai qui décrit les requis extrêmement pénibles pour convertir des dollars en yuans. Faire une transaction Dollars-Bitcoin-Yuans lui permet de contourner les plafonds et diminue fortement le pourcentage perdu en intérêt des intermédiaires. Pour l’instant, le Bitcoin n’est pas considéré comme une devise propre en Chine mais le public reste libre de l’utiliser pour payer sur internet et épargner, reste à voir ce que la banque centrale statuera par la suite.

Un usage qui se démocratise

Mais ce n’est pas qu’en Chine que la monnaie parallèle commence à être acceptée, partout dans le monde des commerçants ouvrent leurs commerces à cette opportunité. Et c’est sans compter l’utilisation du Bitcoin comme « tips » très courante dans les communautés imprégnées, une sorte de Flattr plus universel et sans déperdition en intérêts. Si les commerces acceptant le Bitcoin sont le plus souvent des enseignes indépendantes impliquées d’une manière ou d’une autre dans l’univers digital (artistes musicaux, mini-shops de gadgets électroniques en ligne…), on retrouve des commerces moins attendus tels que certains Subway !

Les adeptes du Bitcoin ne sont d’ailleurs souvent pas complètement étrangers à ses adoptions, prenant un rôle de prescripteurs et demandant aux vendeurs de les accepter. Beaucoup d’entre eux souhaitent par exemple que Wikipedia accepte les donations par ce biais. Au final, de nombreux sites (dont certains sont certainement malhonnêtes, mais l’internaute averti saura regarder les évaluations) proposent d’échanger Bitcoin et coupons cadeaux ou de réductions. Les utilisations possibles sont donc multiples, faire ses courses, acheter un billet d’avion… ou même acheter le nouvel album de SnoopDogg !

Est-il est encore intéressant de se plonger dans l’aventure ? C’est certain, au vu des derniers événements, l’adoption du Bitcoin va continuer de se propager et sa valeur montera surement en conséquence. Et s’il est peu probable que votre porte-monnaie virtuel atteigne un jour un de ceux des 100 plus riches adresses, vous serez toujours dans les 5 premiers millions d’utilisateurs puisque pour l’instant seules 2,3 millions de porte-monnaies virtuels possèdent des Bitcoins. La répartition reste (et restera probablement pour un certain temps) très inégale comme le pointe pbsds sur reddit puisque 20% des adresses existantes possèdent 0,00000001 BTC, le plus petit volume possible.

Satoshi Nakamoto, le mystérieux concepteur

Dernier point dans l’actualité de l’univers Bitcoin qui suscite l’intérêt de la communauté : l’identification du créateur, connu sous le nom de Satoshi Nakamoto. Les théories se multiplient pour découvrir l’auteur de ce post qui a ouvert la porte à la monnaie virtuelle en s’attribuant 50BTC en 2009. Disparu peu de temps après cette première transaction, probablement milliardaire depuis quelques semaines, personne n’est arrivé jusque-là à remonter à lui. Et pourtant, nombreux sont ceux qui se penchent sur la question. Deux mathématiciens avaient émis il y a peu une hypothèse séduisante, établissant un lien entre un des premiers comptes créés et la création de Silk Road. Il s’est finalement avéré que ce compte appartenait à Dustin D. Trammell a affirmé ne pas être Satoshi Nakamoto bien qu’il ait eu des échanges par mail avec lui (ou eux s’il s’agit d’un groupe) remontant à 2009. Certains se sont même lancés dans des analyses cryptographiques fouillant dans toutes les publications remontant à l’époque de la création pour les comparer avec le post de Satoshi Nakamoto présentant pour la première fois le Bitcoin. D’autres ont des théories un peu plus originales, qui pourraient, à défaut de percer le mystère, apporter une explication au choix de ce nom !