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Applis de rencontres : risque et provocation en com, ça paye !

Posté le 16 Jan 2014 par Baptiste Fluzin

AdopteunmecTinder, ou plus récemment Happn, Nametag,l’application mobile dédiée à la rencontre est une formule qui ne connaît pas la crise. Les startups qui s’y consacrent se multiplient, chacune avec sa spécialité. L’écosystème prolifère mais choque parfois : certains d’y voir un triste reflet de notre société.

Choquer, c’est justement l’idée autour de laquelle tourne la plupart des stratégies de communication de ces applis. Quand Meetic, pionnier du genre et cas à part, reste « sage », Adopteunmec, Gleeden ou Nametag s’accordent à mettre la provocation au coeur de leur projet, et de leur communication. Une provocation qui s’est cependant, au contact de nouveaux usages, déplacée sur de nouveaux sujets.

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Des usages qui évoluent

Aujourd’hui les mobinautes sont interconnectés partout. Ils peuvent à tout moment dialoguer en messagerie instantanée avec des personnes qui se trouvent à proximité. Grâce à la géolocalisation, on ne se cantonne plus à une recherche par ville comme cela peut être le cas pour les sites de rencontres plus « traditionnels ». La recherche géolocalisée est un outil qui séduit et on peut espérer trouver l’amour au coin de sa rue (comme avec l’application Happn). Cette tension de sollicitation renforce le côté « provocation sociale » qu’avaient amorcé des sites comme Gleeden avec les rencontres extra-conjugales ou Adopteunmec avec sa campagne autour de l’homme-objet. Chaque site ou appli mobile avait choisi son propre mécanisme de provocation : guerre des genres, compétition amoureuse, adultère. Désormais, alors que de nouveaux utilisateurs sont chaque jour attirés par une tension nouvelle à pouvoir être sollicités en permanence, c’est autour de problématiques propres au numérique que la provocation se perpétue.

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Les nouvelles startups : une provocation ciblée sur les problématiques du numérique

Cette notion de provocation touche à présent aux règles éthiques concernant la confidentialité des informations personnelles. Bien souvent les applications proposent une inscription rapide et simple en vous incitant à vous identifier via Facebook ou Twitter. Cette polémique d’une éventuelle exploitation des données utilisateurs renforce l’aspect « provoc » décuplée par les business modèles actuels sur le marché des applications mobiles. Sur internet il est très simple de rechercher à exploiter des photos de profils, des données sensibles sur sa vie personnelle. Il est donc tout aussi facile de violer des droits d’auteurs ou droits à l’image en exploitant des données pour créer de faux profils de rencontre.

Quoiqu’il en soit, cette provocation assumée, véritable prise de risque en communication, porte ses fruits puisque Adopteunmec ne recense pas moins de 5,7 millions d’inscrits et que Tinder génère un véritable engouement en France après son succès aux Etats-Unis et au Canada. Bad buzz is still buzz ?