Spintank

Partager la mémoire

Institut National de l’Audiovisuel

Un trésor d’archives, la mémoire audiovisuelle de la France. Comment la faire vivre quand la diffusion télévisée décline ? Comment la connecter au numérique, où domine le partage social ? Depuis 2011, nous accompagnons l’INA avec pour ambition la mise en partage de la mémoire collective.

Le défi : de la mémoire au partage

Comment valoriser ce patrimoine exceptionnel et le faire vivre ? Comment transformer les missions de l’INA, de la conservation à la mise en partage, au-delà des relations avec les diffuseurs TV ? Comment permettre à tout un chacun – quel que soit son âge, ses intérêts ou son niveau d’éducation – de s’approprier la mémoire collective ? Tel était le défi lancé à l’INA, après une mise à disposition réussie de son fonds d’archives audiovisuelles sur internet.

La réponse : faire entrer la mémoire dans le partage social

Pour dessiner la réponse, il fallait repenser le rôle d’une institution documentaire à l’heure du numérique. Nous avons travaillé pendant plusieurs mois avec la direction de l’INA pour imaginer une nouvelle stratégie numérique. Mot d’ordre : explorer et comprendre les usages qui se développent aux confins des contenus et de la sociabilité en ligne, pour faire émerger de nouveaux scenarios d’usages. Ateliers, benchmarks, études, pour finalement construire une feuille de route, préalable à la refonte du site, et à de multiples projets menés par la suite.

La refonte du site ina.fr a optimisé celui-ci pour la fonction principale, documentaire, et la rapprocher des pratiques effectives : optimisation de l’indexation, création de pages-carrefours, repères des communautés des émissions ou artistes, et adaptation aux nouveaux standards de consommation de l’information. La refonte d’ina.fr, dont nous avons assuré l’assistance à maîtrise d’ouvrage, s’inspire des meilleures pratiques des sites devant associer la puissance d’un fonds documentaire riche et la vie d’un média chaud. L’audience est repartie en net progrès.

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Faire du contenu le sel de l’échange

En ligne, la vidéo n’est pas faite que pour être regardée : l’audience est devenue active. C’est en cherchant ce que font les internautes du matériau vidéo qu’est née l’idée de Dites-le avec l’INA : la vidéo forme les briques d’un langage, d’un partage social. Chacun utilise, sur Facebook comme Twitter ces petites séquences, gif ou vidéo, de quelques secondes. En amont de la généralisation des Vine et des vidéos Instagram, l’INA a donc lancé Dites-le avec l’INA pendant la campagne présidentielle de 2012. L’idée : mettre en partage les petites phrases des politiques qui ont marqué l’Histoire.


Le parti pris est bien résumé par Mathieu Gallet : à l’époque des « réseaux sociaux, espace où la diffusion cède la place à l’échange, et où le contenu audiovisuel devient partie intégrante d’un nouveau mode de communication personnel », il fallait « trouver la manière adaptée de présenter nos images dans cet univers où prime la connivence, l’instantanéité et bien souvent l’humour. »

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Du « Je vous ai compris » du Général de Gaulle à la « bravitude » de Ségolène Royal en 2007, en passant par le « Au revoir » de Valéry Giscard d’Estaing en 1981, ce sont des dizaines de phrases emblématiques, fédératrices, qui ont été proposées pour nourrir nos conversations. En deux mois d’exploitation, « Dites-le avec l’INA » a généré plus de 700 000 vidéos vues, et une large couverture médiatique, témoignant de la nouvelle posture de l’INA, celle d’une mémoire qui nourrit le partage social.

« Sous ses abords ludiques, « Dites-le avec l’INA » témoigne d’une nouvelle orientation de notre stratégie numérique. Après avoir mis notre patrimoine à disposition sur Internet, il s’agit maintenant de donner aux internautes les moyens de se réapproprier cette mémoire, d’interagir avec elle. »

Mathieu Gallet

« Dites-le » a ensuite été rééditée avec d’autres phrases qui font partie de notre patrimoine, comme celles de Salvador Dali, à l’occasion de sa rétrospective de 2013. Encore une fois, l’occasion de partager le bonheur de son sens de la formule.

Participer à la construction de la mémoire

Mais la mémoire ne se limite pas à quelques phrases politiques. Le fonds d’archives en dit beaucoup sur « nous », comme communauté ou collectif. Le faire vivre, c’est proposer à chacun de pouvoir donner du sens au passé. C’est sur cette idée qu’est née l’opération Les top de l’INA. L’idée : engager un large public dans la hiérarchisation des petits et grands moments de la mémoire audiovisuelle.

Voilà donc les 100 moments de la télé, à trier, hiérarchiser et partager encore. Pour l’instant, le vote du public coïncide peu avec la hiérarchie qu’établirait un historien. Et vous, quelle est votre histoire ?

L’INA a changé de posture, de culture. L’institution a su ajouter à sa préoccupation de gardien d’un patrimoine celle du partage, dans un esprit qui sait créer de l’engagement avec des publics de masse.

Connecter une identité et un patrimoine aux usages numériques, voilà notre ambition. Et si on inventait ensemble votre manière de rayonner dans un monde de réseaux ?

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